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LANCEMENT
ET MISE EN ORBITE D’UN SATELLITE
La mission d’un satellite
artificiel lui impose de décrire une trajectoire
bien déterminée.
Il faut donc qu’il puisse la rejoindre et
s’y maintenir. Pour rejoindre cette trajectoire,
il suit une cinétique de lancement et de
mise en orbite particulière. Une fois placé
sur son orbite, il doit conserver une certaine orientation
par rapport à la Terre et au Soleil. Cette
attitude lui permet de recevoir suffisamment d’énergie
solaire et d’effectuer des prises de vue dans
les conditions voulues ainsi que de communiquer
avec la Terre.
Mais, si la théorie lui impose une trajectoire
perpétuelle et imperturbable, la réalité
est tout autre. En effet, lorsqu’il est à
poste sur son orbite, il subit diverses perturbations
qui le freinent ou l’accélèrent
et modifient son mouvement. Ainsi, des interventions
sont nécessaires pour le maintenir dans le
droit chemin.
I. Le lancement et la
mise en orbite d’un satellite :
Le
lancement d'un satellite se fait grâce à
un lanceur du type Ariane 5. Pour être satellisé
sur une orbite de rayon r, il faut lui communiquer
une vitesse élevée (nous verrons plus
tard que la vitesse à communiquer est d’autant
plus forte que r, ou l’altitude h, est faible).
Pour communiquer de telles vitesses,
les fusées comportent généralement
de un à quatre étages, ce qui permet
de se débarrasser, au fur et à mesure
de la combustion, d’une masse devenue inutile.
Lorsqu’il se trouve à l’altitude
désirée, le dernier étage restant
de la fusée est horizontal, et accéléré
pour atteindre la vitesse de satellisation. A la
fin de cette phase, le lanceur n'est plus composé
que par le dernier étage. Le couple lanceur-satellite
se situe au point d’injection (à plus
de 250km d’altitude) c’est-à-dire
le point de l’espace où un lanceur
libère ses satellites en leur communiquant
la vitesse suffisante pour décrire l’orbite
visée. A ce moment le satellite se sépare
de la fusée porteuse.
En effet, une fusée comme
Ariane, ne peut monter qu’à une centaine
de kilomètre d’altitude. Or, certaines
orbites sont à des altitudes bien plus élevées
: c’est le cas de l’orbite géostationnaire
qui se situent à 36 000 kilomètres
d’altitude. Au moment où le troisième
étage va libérer le satellite, la
vitesse est très élevée –
à plus de 10km/seconde – si bien que
le satellite va monter tout seul jusqu’à
son orbite.
Les différentes étapes
de ce processus se déroulent de la façon
suivante :

Comme nous l’avons vu précédemment,
pour être mis en orbite, le satellite doit
posséder une vitesse suffisamment élevée.
Ceci est expliqué par Newton dans ses célèbres
Principia. En effet, il explique, aidé par
les travaux de Kepler et de sa troisième
loi, et grâce à la loi de la gravitation
pourquoi la lune ne tombe pas sur la terre. Ainsi,
il explique par la même occasion le principe
de mise en orbite d’un satellite.
Dans
la loi de la gravitation Newton stipule : «
Tout corps matériel dans l’univers
attire tout autre corps avec une force directement
proportionnelle au produit de leurs masses et inversement
proportionnelle au carré de leur distance
». 
Ainsi, on obtient l’explication suivante :

Soit m la masse de l’objet en orbite, v sa
vitesse, r la distance entre l’objet et le
centre de la Terre. Et soit, M la masse de la Terre,
G la constante gravitationnelle et a l’accélération.
S : le satellite et T : la Terre
A partir du principe fondamental de la dynamique
(1) et de la force gravitationnelle (2) qui s’exerce
sur un objet en orbite, on peut établir l’égalité
(3) et découvrir la loi de l’accélération
centripète (4) qui maintient un corps en
orbite à une distance r à la vitesse
v.
Si la Lune ne tombe pas sur la Terre, il faut chercher
la cause dans l'action conjointe des deux mêmes
forces : d'un côté la Lune tombe sur
la Terre par l'effet de la gravité, sous
son propre poids, mais d'un autre côté
son inertie lui imposerait de suivre une trajectoire
rectiligne si elle ne subissait pas l’attraction
terrestre. Il en résulte une trajectoire
autour de la Terre dans laquelle la force d'inertie
compense l'effet de la pesanteur.
Rappelons qu'il n'existe pas de
"force centrifuge" qui équilibrerait
la force de pesanteur. Oubliez ce terme, il n'existe
pas. Une force est une interaction qui par définition
s'exerce entre deux corps et qui a pour effet de
soit les accélérer soit les déformer.
Si vous considérez une "force centrifuge"
quel est le deuxième corps qui interagit
? Il n'y en a pas car ce n'est qu'un effet de l'entraînement
du corps par inertie.
Ainsi, après quelques calculs,
à partir de la relation (3), on obtient

Or G constitue la constante de gravitation (G=6.67.10-11N.m².kg-2)
et M la masse de la terre. Le rapport M/r est donc
constant. Par conséquent, plus r est grand,
plus v est petit et plus r est petit, plus v est
grand. En d’autres termes, la vitesse à
communiquer pour mettre un satellite en orbite est
d’autant plus grande que r est faible.

VITESSE DE SATELLISATION
:
Il
existe une vitesse en dessous de laquelle la satellisation
n’est pas possible : le satellite retomberait
ou brûlerait dans l’atmosphère.
Cette vitesse est appelée vitesse de satellisation
circulaire ; l’orbite est alors un cercle.
Sa valeur dépend de l’altitude au point
d’injection.
Si
la vitesse est supérieure à cette
valeur limite, l’orbite est alors une ellipse.
Plus la vitesse croit, plus l’ellipse s’allonge.
Dans le cas d’une orbite elliptique, on parle
alors d’apogée (le point le plus éloigné
de la Terre sur l’orbite) et de périgée
(le point le plus proche). La vitesse est inversement
proportionnelle à l’altitude, elle
est donc maximale au périgée et minimale
à l’apogée.
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Apogée, périgée
et dérivés
Le terme générique apoastre (contraire
: périastre ) d’un objet céleste
désigne le point de l’orbite le plus
éloigné de l’astre autour duquel
il gravite. Selon l’astre en question, le
vocabulaire s’adapte : ainsi on parle d’apogée
s’il s’agit de la Terre (du grec gê,
Terre), d’aphélie pour le Soleil (du
grec hêlios, Soleil), et par analogie, d’apolune
pour la Lune ou d'apojove pour Jupiter.
Contrairement, on parlera de périgée
(pour la Terre), de périhélie (pour
le Soleil), de périlune (pour la Lune) et
de périjove (pour Jupiter) pour désigner
le point de l’orbite le plus proche de l’astre
autour duquel il gravite. ___________________________________________________________
VITESSE DE LIBERATION
: La vitesse
de libération de la Terre est définie
comme la vitesse initiale qu'un corps doit posséder
afin de pouvoir échapper à l'attraction
gravitationnelle de notre planète. Elle est
d'environ 11 kilomètres par seconde. Ainsi,
pour envoyer une sonde vers une autre planète,
il est nécessaire de la lancer au moins avec
cette vitesse. Sinon, l'engin ne peut pas s'échapper,
soit il retombe sur Terre, soit il se retrouve en
orbite autour de notre planète tel un satellite.
La vitesse minimale de lancement, ou vitesse de
libération, est telle que :
II. Les
différentes orbites :
En première définition,
une orbite est l’ensemble des positions occupées
dans l’espace par un astre ou satellite artificiel,
lorsqu’il est en mouvement autour d’un
astre de plus grande masse que lui. Quel que soit
l’objet, cette trajectoire n’est pas
aléatoire : elle lui est dictée par
les lois de la gravitation.
Prenons l’exemple d’un
satellite artificiel terrestre. Sa trajectoire est
tout d’abord fonction des conditions de son
lancement (l’intensité et la direction
de la vitesse). Lorsque celui-ci est libéré,
il est soumis à la seule gravité terrestre,
l’obligeant à décrire une courbe
plane et régulière : son orbite. Il
est alors dit satellisé : il gravite (ou
orbite) autour de la Terre.
Différents
types d’orbites :
Orbite
polaire : À une altitude généralement
assez basse, un satellite en orbite polaire survole
les pôles à chaque révolution.
Avec une inclinaison proche de 90°, il survole
la quasi-totalité de la Terre et est de ce
fait très intéressant pour l’observation
de la Terre.

Orbite inclinée :
Seule une partie de la Terre défile
sous le satellite. L’inclinaison varie entre
0,1° et 89,9°
Orbite
géostationnaire : Situé
à 36 000 km d’altitude, un satellite
géostationnaire nous apparaît immobile.
En réalité, il évolue à
plus de 10 000 km/h dans le plan de l’équateur,
et effectue (comme la Terre) une orbite complète
en 23 h 56 min. Sur cette orbite, le satellite,
dans le plan de l’équateur, reste autour
de la même région constamment.
Dans le cas d’une orbite basse le lanceur
injecte en général le satellite sur
une orbite très proche de celle recherchée.
La mise à poste d’un satellite géostationnaire
se fait en plusieurs étapes.
Rappelons que l’orbite géostationnaire
est une orbite circulaire, située dans le
plan de l’équateur, à près
de 36 000 km d’altitude. Le satellite est
injecté sur une orbite elliptique dite de
transfert géostationnaire, qu’il décrit
de manière spontanée ; l’apogée
est proche de l’altitude définitive
et le périgée à environ 200
km d’altitude. L’orbite est ensuite
progressivement circularisée grâce
à 3 ou 4 poussées du moteur d’apogée,
mis à feu lors de passages du satellite à
l’apogée.
Orbite
héliosynchrone : Un satellite héliosynchrone
passe toujours à la même heure solaire
au-dessus d’un même point. Le plan de
l’orbite conserve toujours la même orientation
par rapport au Soleil. Cette orbite est d’un
grand intérêt pour l’observation
de la Terre : elle permet d’observer une même
région dans des conditions d’éclairement
similaires à chaque passage.
Chacune de ces orbites sont soit
circulaires soit elliptiques.
Un satellite placé sur une orbite circulaire
définit un cercle parfait autour de la Terre,
il passe autant de temps au dessus de toutes les
régions et son altitude est constante par
rapport à la surface de la Terre.
Un satellite placé sur une orbite elliptique,
décrit quant à lui une ellipse autour
de la Terre. Il passe plus de temps au dessus des
régions à l’apogée qu’au
périgée.
Cependant, le satellite, lorsqu’il
est sur son orbite, subit divers phénomènes
qui agissent sur son comportement et qui modifient
sa trajectoire.
Ces perturbations sont
de plusieurs natures :
- La Terre n’est pas parfaitement
sphérique, ni uniformément dense :
aplatie aux pôles et renflée à
l’équateur, elle présente des
variations de son champ de gravité pouvant
atteindre 1/1000 de l’attraction terrestre
principale ;
- Le vide
spatial n’est pas absolu : il règne
à proximité de la Terre ce qu’on
appelle une atmosphère résiduelle,
de plus en plus dense à mesure qu’on
se rapproche de la Terre. Jusqu’à 1
000 km d’altitude au moins, le satellite est
freiné par des frottements dus aux molécules
et atomes qu’il rencontre. Ainsi, à
800 km il peut rester ½ siècle en
orbite, alors qu’à 300 km il retombera
dans l’atmosphère au bout de quelques
mois, et à 200 km au bout de quelques jours.
- Le satellite
est soumis à l’attraction de la Lune
et du Soleil ;
- Le Soleil
émet des photons pouvant, dans une moindre
mesure, perturber le mouvement du satellite.
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