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ACQUISITION
DES IMAGES SATELLITES
I. Machinerie
d’un satellite :

Un satellite est constitué
de deux grandes parties :
- la charge utile
- la plateforme
1) La charge
utile :
La charge utile varie en fonction de la mission
du satellite. On y trouve soit des instruments de
télécommunication ou des instruments
d’observations. Pour l’acquisition des
images satellites se sont évidemment des
instruments d’optiques.
- Une case
Il s’agit d’une structure en fibres
de carbone assurant la stabilité nécessaire
aux instruments. Elle accueille les équipements
électroniques optiques de traitement d'images,
de mémorisation et de transmission des données
vers le sol. On peut y stocker les images après
compression et formatage dans une mémoire
de masse pouvant être des enregistreurs à
bande magnétique pour les satellites anciens
et une mémoire électronique pour les
plus récents (capacité allant de 20
à 100 Go).
- Les instruments de prise de
vues et optiques
Parmi les différents instruments de prise
de vues et optiques, le système altimétrique
constitue l'un des principaux et l'un des systèmes
les plus perfectionnés de visualisation par
satellite. En effet, pour obtenir certaines cartes
(du relief, du niveau des océans,...), il
est nécessaire de faire appel à des
technologies différentes de l'acquisition
numérique directe (comme la photo), qui n’est
pas assez précise ou trop longue à
traiter pour obtenir des images au jour le jour.
Ainsi, le système d'altimétrie spatiale
a été choisi par les concepteurs de
satellites et fonctionne sur de nombreux satellites.
Un radar altimètre embarqué
à bord d'un satellite émet un signal
à très haute fréquence (plus
de 1700 impulsions par seconde) à la verticale
de celui-ci en direction du sol et reçoit
en retour l'écho réfléchi par
la surface du sol. L'analyse de l'écho permet
d'extraire une mesure très précise
du temps de trajet aller-retour entre le satellite
et la surface terrestre. Toutefois les ondes électromagnétiques
peuvent être ralenties pendant leur traversée
dans l'atmosphère à cause du taux
d'humidité ou du taux d'ionisation. Il faut
donc appliquer certaines corrections prenant en
compte ces phénomènes physiques (négligeables
sur de petites distances mais pas sur des grandes).
Ce temps est ensuite transformé en distance
par simple multiplication par la vitesse de la lumière,
vitesse à laquelle se propagent les ondes
électromagnétiques émises.
On trouve alors la distance finale avec une précision
de 2 centimètres.
2)
La plateforme :
La plateforme est l’endroit où l’on
trouve les équipements qui permettent d’assurer
le bon fonctionnement du satellite. Parmi ces équipements
il y a un ordinateur de bord, des réservoirs,
des petits moteurs permettant de replacer le satellite
sur son orbite en cas de dérive ainsi que
des radios de liaison avec la terre.
- L'alimentation électrique
L'énergie nécessaire au fonctionnement
de tous les appareils électroniques est fournie
par les panneaux solaires déployés
immédiatement après la mise en orbite
du satellite ainsi que par les batteries présentes
pour le stockage de l'énergie.
- L'outil de contrôle de
l'attitude du satellite
Le contrôle d'altitude permet au système
optique de rester correctement pointé vers
la zone au sol dont on veut obtenir l'image, en
stabilisant le satellite selon 3 axes. Le satellite
a tendance à se dépointer sous l'action
de caractères environnementaux ou d'actions
internes. Pour éviter cette tendance à
se dépointer, il faut réaliser un
contrôle d'altitude en contrôlant l'orientation
angulaire et en assurant une stabilité de
l'orientation pour éviter l'effet de mouvement
ou bougé sur les images.
- Des micro-propulseurs assurant
le maintien précis de l'orbite en raison
de l'impact de forces parasites exercées
sur le satellite. L'orbite du satellite évolue
légèrement et il est nécessaire
d'effectuer périodiquement des corrections
à l'aide de micro-propulseurs afin de garder
le satellite sur son orbite.
- Des systèmes d'intelligence embarquée
(calculateur, logiciel de vol).
Ces systèmes sont destinés à
la gestion du satellite. Ils permettent de manœuvrer
et surveiller les équipements du satellite
et ainsi d'assurer la réalisation les objectifs.
II. Acquisition
des images :
1) Le système d'acquisition
Le
satellite destiné à l'acquisition
d'images est équipé d'un radiomètre,
appareil mesurant la quantité de lumière
provenant de la partie de la planète visée.
Ce radiomètre est constitué d'une
grille de détecteurs CCD (Charge-Coupled
Device, capteur à transfert de charge en
français), grâce auxquels le rayonnement
du terrain va être perçu (selon un
fonctionnement identique à celui d'un appareil
photo numérique).
Les capteurs CCD sont des composants
microélectroniques sensibles qui convertissent
l'intensité lumineuse (signal analogique)
en un signal électrique. Pour ce faire, le
capteur CCD emmagasine les particules de lumière,
les photons, dans un corps de silicium. Ce dernier
a pour propriété de libérer
des électrons lors de l'absorption de photons.
Le détecteur relié à un contact
électrique transmet donc une charge électrique
plus au moins élevée selon la lumière
perçue. Cette charge est convertie par un
convertisseur Analogique/Numérique en un
signal numérique codé en binaire
Dans le cas d'une image satellite
acquise en couleur, chaque détecteur est
composé de trois capteurs CCD qui perçoivent
chacun l'intensité lumineuse des trois couleurs
de base : rouge, vert et bleu. Par superposition
des trois couleurs de base, on obtient une couleur
précise.
Le signal numérique va ensuite
pouvoir être interprété pour
obtenir une image.
Pour
acquérir une image satellite d’une
ligne complète au sol de la largeur du champ
que l’on souhaite observer, on utilise une
prise d’image dite en « râteau
» (push broom en anglais). Ce principe permet,
grâce à des lignes de détecteurs
de couvrir la largeur désirée d’un
seul coup.
Le balayage de la longueur est quant à lui
obtenu par le défilement du satellite sur
son orbite.
Ainsi en recoupant les informations on obtient une
image satellite de la zone à observer. (Le
principe est similaire au fonctionnement d’un
scanner c’est-à-dire un balayage avec
une largeur fixée).
2) L'obtention de l'image
satellite numérique
Suite
à l'interprétation des signaux précédemment
acquis, on obtient une image satellite numérique.
Le radiomètre constitué d'une grille
de détecteurs CCD va donc émettre
une suite de nombres binaires de 8 chiffres chacun
qui correspondent à l'intensité lumineuse
perçue par chaque capteur CCD de la grille.
Chaque nombre, ou octet, correspond
- Dans le cas d'une photographie noir et blanc à
un niveau de gris. Ainsi, l'octet 11111111 correspondra
au blanc de valeur décimale 255, et l'octet
00000000 au noir de valeur décimale 0.
- Dans le cas d'une photo couleur, trois octets
sont émis par un détecteur CCD pour
chaque couleur de base : vert, rouge, et bleu.
La formation de l'image est alors
possible. L'image numérique est également
une grille, une matrice composée de lignes
et de colonnes. Chaque carreau est nommé
pixel (picture element). Chaque pixel contient son
" compte numérique " déterminant
sa couleur qui n'est autre que le nombre binaire
issu de chaque détecteur CCD, et ses coordonnées
en x et y. Les pixels réunis, on obtient
une image identique à celle prise par le
satellite.
La résolution d'une image
étant la quantification du nombre de pixel
pour une dimension donnée, exprimé
en dpi ou en ppp.
III.
Différents modes d’acquisition :
Les données envoyées
par les satellites ne sont donc pas des images toutes
faites. Elles doivent être composées
à partir des informations fournies par ses
instruments. Comme nous l'avons vu, les capteurs
CDD collectent la lumière que renvoient la
surface observée et traduit cette information
en signal numérique. Avec un satellite récent
différents modes d'acquisition existent :
le mode multibande ou le mode panchromatique. Leur
rendu et leur utilisation sont différents.
1)
Le mode multibande ou multispectral
Elle est acquise par un capteur numérique
qui mesure la réflectance dans de nombreuses
bandes spectrales (typiquement, une dizaine). Ces
multiples valeurs de réflectance se combinent
pour créer des images couleur. Elle sert
principalement à obtenir des informations
à caractère " qualitatif "
(ex. classification des types de végétation
sur des parcelles).
2)
Le mode panchromatique
Elle est acquise par un capteur numérique
qui mesure la réflectance dans une large
bande électromagnétique. Les données
panchromatiques sont représentées
sous forme d'images en noir et blanc. Elle sert
principalement à obtenir des informations
de type " géométrique "
(formes, dimensions, surface).
3) Les différents
instruments :

Selon le mode d’acquisition
choisi, les instruments diffèrent.
Par exemple, l’instrument HRVIR (Haute résolution
visible et infrarouge) de Spot servira pour acquérir
des images en mode multispectral. En effet, il peut
observer dans différentes bandes spectrales.

En revanche, si l’on veut
observer en mode panchromatique, alors on utilisera
un appareil adapté comme l’instrument
HRS situé également sur Spot.
Il existe aussi des instruments spécifiques
comme « Végétation » sur
le satellite Spot et qui permet, comme son nom l’indique,
une observation adaptée de zone de végétation.
IV. Transfert
des images du satellite vers la Terre :
Les images satellites acquises sont
transmises sur Terre soit en direct si une station
de réception est en visibilité du
satellite et est programmée, soit en différé
(après stockage) lors du passage sur une
station. Le débit de transmission varie selon
le satellite entre 25 et 100 Mo par seconde.
Deux cas majeurs peuvent se présenter :
Le satellite est en visibilité d'une station
de réception. Les images peuvent être
envoyées en temps réel à cette
station si celle-ci a été programmée
Le satellite n'est pas en visibilité d'une
station. Les acquisitions programmées sont
réalisées et les images sont stockées
par des enregistreurs embarqués. Elles sont
transmises plus tard, lorsque le satellite se trouve
en visibilité d’uns station de réception.
Pour transmettre entre des points
éloignés ces signaux dont la portée
est limitée, on utilise, le plus souvent,
comme véhicule de liaison, une onde électromagnétique.
Aujourd'hui,
des dizaines de stations de réceptions de
données satellites, et notamment d'images
satellites, sont réparties à la surface
de la planète .À chacune des stations
de réception, on retrouve une ou plusieurs
antennes paraboliques d'une dizaine de mètres
de diamètre. Ce diamètre important
permet une meilleure réception des signaux
même les plus faibles. Pour permettre l'enregistrement
des données transmises par le satellite,
l'antenne de réception doit suivre et pointer
directement vers le satellite.
V. Traitement
et interprétation des images :
L’image que nous transmet
le satellite est brute. Il faut donc effectuer un
certain nombre de retouches pour la rendre utilisable.
Tout d’abord il faut effectuer une correction
géométrique car lors de la prise de
l’image, les reliefs, la rotation de la Terre
sur elle-même ou encore le positionnement
du satellite, affectent l’image et la déforme
légèrement.
Une fois ces corrections effectuées, on assemble
un grand nombre d’images pour recouvrir la
totalité de la zone qu’on souhaite
observer (n’oublions pas que les satellites
ne prennent des images de taille restreinte).
On passe ensuite au traitement des couleurs. Il
consiste à restituer des couleurs, plus ou
moins naturelles aux images souvent teintées
en bleues par le satellite.
Enfin, on lisse les raccords pour obtenir une image
homogène.
Des logiciels permettent d’effectuer ces différentes
retouches. C’est notamment le cas du logiciel
Titus qui permet le traitement des couleurs.
L’interprétation des
images satellites se fait grâce aux réflectances
mesurées par le satellite. En fait, les mesures
de réflectance obtenues sont comparées
avec des données qui ont été
listé. Ainsi, par exemple on peut déterminer
de quelle espèce d'arbre est constituée
une forêt : l'ordinateur compare les mesures
avec celles obtenues pour des forêts de sapins,
de chênes, de hêtres, etc. et le résultat
qui s'en rapprochera le plus correspondra à
l'espèce d'arbre recherchée.
Notre
expérience :
Nous avons mesuré la réflectance de
différents échantillons pour créer
une petite banque de données.
Pour mesurer la réflectance d’un échantillon
on utilise un radiomètre.
Que sont la luminance
et la réflectance ?
Tout objet à la surface de la Terre émet,
diffuse ou réfléchit des radiations
électromagnétiques. Le comportement
spectral d’un objet peut être cerné
par deux grandeurs physiques mesurables par un radiomètre
: la luminance et la réflectance.
- La luminance représente
l’énergie des radiations émises
et/ou réfléchies par un objet pour
une longueur d’onde et suivant un angle et
une surface donnés.
- La réflectance est le rapport
entre l’énergie émise ou réfléchie
par un objet et l’énergie des radiations
incidentes reçue par ce même objet
pour une longueur d’onde et une surface données.
Elle est comprise entre 0 et 1 mais souvent exprimée
en pourcentage.
Contrairement à la luminance,
la réflectance est une grandeur caractéristique
du milieu. Elle est la base de la reconnaissance
des substances.
Principe d’utilisation
du radiomètre :
Le
radiomètre de laboratoire possède
des canaux proches de ceux de certains satellites
comme SPOT.
Avant toute mesure, il faut régler le radiomètre.
- Vérifier le zéro en tournant le
porte filtre jusqu'à la position "0".
Amenez l'aiguille au zéro si nécessaire.
- Placer la substance à étudier sous
le radiomètre, sur du papier Canson noir
et mat. Elle doit couvrir tout le champ et être
placée horizontalement.
- Recouvrir la cible avec une feuille papier Canson
blanche.
- Choisir le filtre et réglez l’amplification
pour que l’aiguille indique 92 (une feuille
de Canson a une réflectance de 92%)
- Enlever la feuille blanche et lire la valeur indiquée
par l’aiguille. Cette valeur correspond à
la réflectance de la substance étudiée
dans la bande spectrale correspondant au filtre
utilisé.
- Relever les valeurs lues dans un tableau
ATTENTION : Des conditions
de travail rigoureuses sont nécessaires car
des ombres ou des interférences lumineuses
peuvent fausser les valeurs.


Ces valeurs nous permettent de reconnaître
la nature des différents matériaux
des images prises par le satellite.
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