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APPLICATION
DES IMAGES SATELLITES :
Les images satellites ont diverses
applications :
- météo
- sismologie
- volcanisme
- feu de forêts
- marée noire
…
Nous avons décidé
de nous intéresser particulièrement
à deux grandes applications. La première
est étroitement liée à notre
vie quotidienne puisqu’il s’agit de
la météorologie. En effet, les images
satellites sont indispensables pour réaliser
des prévisions météo.
La seconde application que nous avons décidé
de développer a quant à elle rapport
avec notre actualité. Le 26 Décembre
2004, un séisme dans les profondeurs maritimes
provoquait un tsunami dévastateur. Nous verrons
donc comment peuvent être utilisées
les images satellites pour estimer les dégâts
provoquer par cette catastrophe.
I. Les
images satellites et la météorologie
:
Depuis
plus de 20 ans, des millions de personnes suivent
chaque jour les bulletins météorologiques
élaborés à partir des images
de METEOSAT : anticyclones, dépressions atmosphériques
et masses nuageuses sont ainsi apparus sur nos écrans
de télévision.
Au-delà des prévisions
quotidiennes, les données fournies par les
satellites METEOSAT sont essentielles pour anticiper
les phénomènes météorologiques
violents tels que les ouragans, les tempêtes
ou les inondations… et suivre, à long
terme, l’évolution du climat de notre
planète.
Les satellites météorologiques
apportent une vision globale et planétaire
de l'état de l'atmosphère. Les satellites
en orbite polaire (passant à peu près
par l'axe des pôles) survolent la totalité
de la Terre deux fois par jour. Ils fournissent
une image des masses nuageuses et de leur évolution,
ainsi qu'une multitude de données relatives
à la température de surface des océans,
à la quantité d'ozone atmosphérique,
à l'humidité des sols, à la
surface couverte par les glaces marines et continentales
dans les hautes latitudes. Ils enregistrent des
informations sur l'état de l'atmosphère.
Les satellites géostationnaires paraissent
immobiles car leur orbite est située dans
le plan équatorial et ils tournent dans le
même sens et à la même vitesse
angulaire que la Terre. Ils observent donc en continu
une portion du globe terrestre.
Aujourd'hui, sept satellites tournent
autour de la Terre, cinq en position géostationnaire
dont Meteosat, le satellite européen, et
deux en orbite polaire. Chaque satellite fournit
plusieurs milliers de données par jour.
Météosat est le programme météorologie
de l'Agence spatiale européenne (EAS) comprenant
plusieurs satellites en orbite. Les satellites Météosat
occupent une orbite géostationnaire à
36 000 kilomètres à la verticale de
l'équateur à 0° de longitude.
La constellation Météosat est composée
de satellites à orbite géostationnaire,
qui permettent un envoi de photos de notre atmosphère
toute les demi-heures, grâce à une
instrumentation composée principalement d'un
radiomètre imageur opérant à
la fois dans le visible et dans l'infrarouge.
Le satellite tourne à 100
tours/minutes autour de son axe principal, orienté
parallèlement à l'axe nord-sud de
la terre. Cette rotation régulière
permet le balayage d'un radiomètre qui effectue
des mesures de luminance dans 3 canaux: visible,
infrarouge thermique, et infrarouge "bande
d'absorption de la vapeur d'eau".Ainsi chaque
ligne de l'image est obtenue simplement grâce
à cette rotation. Le système est conçu
pour fournir toutes les 30 minutes une vue globale
du disque terrestre.
 
Comment
ça marche ?
Le soleil émet des rayonnements de différentes
longueurs d'onde vers la Terre, qui mettent environ
8 minutes à l'atteindre. Le spectre visible
de la lumière est généralement
défini par le domaine de longueur d'onde
suivant : de la plus petite longueur d'onde visible
pour le violet, environ 400 nm, à 750 nm
pour le rouge. Les longueurs d'onde inférieures
à 400 nm correspondent au rayonnement ultraviolet
; les longueurs d'onde encore plus basses caractérisent
les rayons X. Les longueurs d'onde supérieures
à 750 nm correspondent aux radiations infrarouges
et celles encore plus élevées caractérisent
les ondes radio.

Le radiomètre est l'instrument
principal dont les satellites météorologiques
sont équipés. Cet instrument balaye
la surface de la Terre ligne par ligne. Chaque ligne
consiste en une série d'images élémentaires
ou pixel. Pour chaque pixel, le radiomètre
mesure l'énergie radiative dans différentes
bandes spectrales. Cette mesure est numérisée,
puis transmise à une station au sol où
elle est traitée, avant d'être envoyée
à la communauté des utilisateurs.
Trois canaux pour l'imagerie se
trouvent sur le satellite: un canal visible (0,45-1,00
µm), un canal dans l'infrarouge thermique
(10,5-12,5 µm) et un canal « vapeur
d'eau » (5,7-7,1 µm). Les images sont
prises toutes les demi-heures.
Le
canal visible :
Les images visibles représentent la quantité
de lumière visible rétro diffusée
par les nuages ou la surface de la Terre. Les nuages
et la neige apparaissent en blanc et les zones sans
nuage en noir. Les nuages épais sont plus
brillants que les nuages fins. Il est difficile
de distinguer les nuages bas des nuages élevés.
Pour cela, il faut utiliser les images infrarouges.
On ne peut pas utiliser les images visibles la nuit.
L'énergie de radiation (S) émise par
le Soleil est très intense pour une gamme
de longueur d'onde comprise entre 0,4 µm et
0,7 µm (C'est la lumière visible que
perçoit l'œil humain) et maximale pour
une valeur de longueur d'onde de 0,5 µm.
Que devient-elle
en arrivant près de la surface terrestre
?
Une partie plus ou moins importante de cette énergie
en provenance du soleil est absorbée par
les différentes formations de la surface
terrestre ou proche d'elle : il s'agit pour l'essentiel
des sols, des océans et des nuages. L' autre
fraction (R) est réfléchie ou diffusée
en direction de l'espace. Le rapport de ces énergies
S/R constitue l'albédo de cette surface (nous
reviendrons plus tard sur la notion d’albédo).
C'est elle que le satellite Météosat
capte au moyen de son détecteur sensible
aux énergies de radiation comprises entre
0,4 µm et 0,9 µm
Codage
de l'image
L'énergie réfléchie par une
surface de sol de 2,5 km sur 2,5 km étant
captée, Météosat l'évalue
et numérise la mesure. La valeur de cette
mesure comprise entre 0 et 255 se retrouve dans
l'image sous forme d'un point ou pixel de couleur
variant de noir à blanc.

Le
canal infrarouge :
Les images infrarouges représentent une mesure
du rayonnement infrarouge émis par le sol
ou les nuages. Ce rayonnement dépend de la
température. Plus l'objet est chaud, plus
il est noir et plus l'objet est froid, plus il est
blanc. Les nuages élevés apparaissent
plus blancs que les nuages bas car ils sont plus
froids. Dans les zones sans nuages, plus le sol
est chaud, plus il est sombre.
La surface terrestre après avoir absorbé
une fraction de l'énergie incidente rayonne
à son tour restituant ainsi une partie de
l'énergie emmagasinée. A la température
de la Terre (moyenne 15 °C), ce rayonnement
se fait dans une gamme de longueurs d'ondes comprise
entre 3 et 50 µm avec un maximum pour 10 µm.
Ces longueurs d'onde appartiennent au domaine des
infrarouges IR.
Comment
ces rayons infrarouges parviennent-ils jusqu'à
Météosat ?
Une majeure partie de ces radiations émises
par la Terre est absorbée par la vapeur d'eau
et certains gaz (CO2, N2O, O3, O2) présents
dans l'atmosphère, piégent ainsi cette
énergie (effet de serre) (c'est le même
phénomène quand les rayons ultraviolets
sont arrêtés par la vitre d'une fenêtre).
Cependant cette absorption atmosphérique
est inégale selon les radiations émises
par la Terre. Les infrarouges de longueur d'onde
comprise entre 8,5µm et 13 µm traversent
bien l'atmosphère. Ce sont eux que le satellite
Météosat capte au moyen de son détecteur
IR sensible aux énergies radiatives (de radiation)
comprises entre 10,5 et 12,5 µm.
L'émission est fonction de la température
et de la nature du corps émetteur. La couverture
nuageuse, selon sa nature (glace, vapeur) et son
épaisseur laissera passer plus ou moins ces
rayons IR.
Codage de l’image
L'énergie émise par une surface de
sol de 5 km sur 5 km étant captée,
Météosat l'évalue et numérise
la mesure. La valeur de cette mesure comprise entre
0 et 255 se retrouve dans l'image sous forme d'un
point ou pixel de couleur variant de blanc à
noir pour la palette couramment employée
(cf « le canal visible »).
Le
canal vapeur
Les images « vapeur d'eau » représentent
une mesure du rayonnement infrarouge influencée
par la vapeur d'eau dans l'atmosphère. Cela
permet de déterminer les zones sèches
et les zones humides.
Les zones sombres correspondent à des zones
sèches et les blanches à des zones
humides. La surface terrestre après avoir
absorbé de l'énergie incidente va
en restituer une partie sous forme de rayonnement.
A la température de la Terre (moyenne 15
°C), ce rayonnement se fait dans une gamme de
longueurs d'ondes comprise entre 3 et 50 µm
avec un maximum pour 10 µm. Ces longueurs
d'onde appartiennent au domaine des infrarouges
IR.
Pourquoi
parler de vapeur d'eau
Une majeure partie de ces radiations émises
par la Terre est absorbée par la vapeur d'eau
et certains gaz (CO2, N2O, O3, O2) présents
dans l'atmosphère. Ils piègent ainsi
cette énergie (effet de serre).
Les infrarouges de longueur d'onde comprise entre
5 µm et 7,5 µm sont particulièrement
absorbés quand l'atmosphère est riche
en vapeur d'eau. Ce sont eux que le satellite Météosat
capte au moyen de son détecteur WV (Water
Vapour) sensible aux énergies radiatives
comprises entre 5,5 et 7,5 µm
Lorsque l'atmosphère est pauvre en vapeur
d'eau, ces rayons infrarouges la traversent et parviennent
au capteur WV de Météosat. Au contraire
plus l'atmosphère est chargée de vapeur
d'eau moins ils la traversent.
Codage de l’image
L'énergie émise par une surface de
sol de 5 km sur 5 km étant captée,
Météosat l'évalue et numérise
la mesure. La valeur de cette mesure comprise entre
0 et 255 se retrouve dans l'image sous forme d'un
point ou pixel de couleur variant de blanc à
noir (voir la palette précédente)
L’ALBEDO
:
Quand les rayons parviennent à la Terre une
partie de l'énergie qu'ils portent est déviée
par les différentes couches de l'atmosphère.
Cependant l'autre partie arrive à la traverser.
Celle-ci est alors réfléchie par les
nuages ou par le sol. Ce qu'on nomme albédo
est le rapport entre l'énergie réfléchie
et l'énergie incidente. Ce rapport est fonction
du milieu, ainsi, l'albédo de la neige (0.85)
n'est pas le même que celui d'une prairie
(0.20). En moyenne, l'albédo de la Terre
est de 0.3 ce qui signifie que 70% de l'énergie
que nous recevons est réfléchie.
Voici quelques mesures d'albédo
pour différents matériaux :
Toute
surface absorbe une partie du rayonnement incident
pour n'en réfléchir qu'une partie.
Elle n'absorbe que les longueurs d'onde qu'elle
ne possède pas. De plus, un rayonnement solaire
se compose de plusieurs longueurs d'onde (lumière
polychromatique). On peut donc émettre l'hypothèse
qu'il suffit de collecter les différentes
longueurs d'ondes réfléchies pour
pouvoir déterminer, sur une zone donnée,
la nature de l'élément qui à
réfléchit ces ondes.
En fait, l'image satellitaire n'est
pas une photo comme celle qui sort de nos appareils.
En réalité, elle est une reconstitution
pixels par pixels de la réalité. Les
couleurs étant choisies arbitrairement.
Pour expliquer le fonctionnement,
nous allons nous baser sur un unique pixel. Lorsque
le radiomètre embarqué sur le satellite
fait une mesure de réflectance (d'où
établissement de l'albédo), il transmet
la valeur à un ordinateur au sol. Ce dernier
va comparer cette valeur à celles contenues
dans une base de données. Grâce à
cette base de données on sait déjà
à quoi correspond, par exemple, la réflectance
émanant d'une forêt de sapin, ou bien
d'un désert. Et donc si la mesure effectuée
par le satellite correspond à la valeur attendue
pour un désert, on considérera que
le pixel en question doit représenter un
désert. On pourra alors lui donner une couleur
jaune.
Ainsi, pixel par pixel, les ordinateurs
reconstituent une image fidèle à la
réalité

En conclusion, grâce aux images,
les météorologues peuvent ainsi prévoir
les déplacements et les directions prises
par les masses nuageuses ainsi que leurs tailles.
Les infrarouges interprétés informatiquement
offrent des informations sur les températures.
Une fois ces données couplées avec
les mesures de pressions atmosphériques faites
au sol, prévoir le temps devient plus facile.
Plusieurs fois par jour, plusieurs
satellites effectuent le même travail de prise
d'image de manière à pouvoir élaborer
les meilleures prévisions possibles
II.
Une catastrophe naturelle : Le tsunami en Asie
Un
tsunami (du japonais tsu, port, et nami,
vague, donc littéralement « vague portuaire
») ou raz-de-marée est une série
de quelques vagues provoquées par une action
mécanique brutale (séisme) dans un
océan ou une mer, le plus souvent tectonique
ou volcanique, mais un glissement de terrain de
grande ampleur ou un impact météoritique
peuvent aussi en être la cause. Contrairement
aux autres vagues, ils ne sont pas créés
par le vent.
Un tsunami est créé
lorsqu'une grande masse d'eau est déplacée.
Cela peut être le cas lors d'un séisme
sous-marin important, lorsque le niveau du plancher
océanique le long d'une faille s'abaisse
ou s'élève brutalement.
L’interférométrie
radar permet de surveiller le déclenchement
des catastrophes naturelles comme les tsunamis.
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Interférométrie
radar : mode d’emploi
Les deux satellites ERS qui permettent d’enregistrer
les subtils mouvements du sol sont installés
à une altitude de 785km sur une orbite quasi-polaire
qui leur fait faire le tour de la terre en 100minutes.
A ce rythme, 35 jours seulement leur sont nécessaires
pour couvrir le globe. Ils sont équipés
d’équipements radar Sar (synthétic
aperture radar).
Leurs capteurs radar détectent
les réflexions d’ondes électromagnétiques
qu’ils ont eux-mêmes émis vers
la cible. Ces pulsations d’ondes radios à
haute fréquence font ainsi, de jour comme
de nuit, l’aller et retour entre la Terre
et le satellite sans être affectées
par les conditions climatiques, par la présence
ou non de nuages qu’elles traversent rapidement.
La connaissance de la durée du trajet (=
aller et retour) des ondes (sa phase) permet de
calculer la distance de l’obstacle. En utilisant
de courtes longueurs d’onde, on peut ainsi
déterminer au centimètre près
voire à quelques millimètres près
la distance de la cible. La technique d’interférométrie
radar mise au point depuis une dizaine d’années
consiste à prendre au moins deux images radar
d’une même portion de sol et de soustraire
par ordinateur une image de l’autre pour former
un interférogramme. Si le paysage n’a
pas bougé dans l’intervalle, la phase
de chaque pixel sera identique sur les deux images
et le résultat de l’opération
sera blanc. Si en revanche des changements mêmes
infimes (centimétriques ou millimétriques)
se sont produits, la phase de certains pixels sera
modifiée permettant de calculer la différence
entre les deux prises de vue.
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Outre les variations du sol, la
détection par signal radar est aussi sensible
à la présence d’eau, qui renvoie
des signaux bien distincts. Cette particularité
est utile lors de grandes inondations mais aussi
lors des tsunamis.

Ainsi, lorsque un tsunami se produit,
le niveau de la mer diminue brusquement à
cause du séisme et de l’affaissement
du plancher sous-marin qu’il provoque. Ensuite,
les ondes créent les vagues d’où
un niveau de la mer chamboulé.
La technique d’interférométrie
permet de détecter ces variations du niveau
de la mer et donc de prévenir un tsunami.
Ceci permet notamment d’organiser le retrait
des populations sur les côtes.
Après une catastrophe naturelle,
comme après le passage d’un tsunami,
les satellites permettent alors d’évaluer
les dégâts. En prenant des images de
la zone dévastées, on constate de
gros changements : la zone ravagée n’est
plus la même (sur l’image satellite
ci-dessus, à gauche, après le passage
du tsunami, on voit clairement que les zones dévastées
apparaissent en marron alors qu’elles étaient
vertes auparavant).
De plus, dans le cas du tsunami
de Décembre 2004, les satellites ont montré
que certaines îles ont été déplacées
de quelques centimètres.
Les images satellites sont donc
d’une grande utilité lors d’événements
tels que le tsunami car elles permettent de les
détecter mais également d’évaluer
les dégâts causés par ces derniers.
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